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Je suis le peuple

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Anna Roussillon, qui est arabophone et a passé son enfance au Caire, se rend en 2009 en Égypte pour un projet de film. Sur un repérage, elle rencontre Farraj, un paysan qui exploite ses terres et vit avec sa femme et ses enfants dans un village près de Louxor. L’idée de réaliser un film autour de Farraj et de son entourage se précise quelques mois plus tard. Les premières manifestations de la place Tahrir, qui signent le début de la révolution égyptienne fin janvier 2011, confortent le projet. Tandis que les caméras affluent au Caire, Anna va poser tranquillement la sienne au bord des champs, dans le village et dans la maison de Farraj où trône un téléviseur constamment allumé, porteur de ces images inouïes de la colère populaire que tout le monde ausculte et tente de décrypter. Par le truchement de sa caméra, par son écoute attentive, Anna fait de Farraj un homme qui se met à exister, à réfléchir, à chercher à comprendre, qui n’est plus simplement un paysan buriné par le soleil, plié en deux dans les rizières, laborieux. Il devient actif, concerné par les événements de son pays, dont pourtant on ne voit quasiment aucun écho, si ce n’est un surcroît de pénurie, à Louxor. Pour donner cette formidable leçon, dont on retirera que la démocratie est un long, très long cheminement, Anna Roussillon n’a pas fait appel à de doctes intervenants. Elle est restée dans ce monde paysan chaleureux, vivant à leur rythme, montrant leur quotidien et les profondes répercussions que la situation politique troublée a engendré dans les cœurs et les esprits.

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